Nauru retire sa reconnaissance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud

Nauru a officiellement retiré sa reconnaissance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud, deux territoires séparatistes de Géorgie soutenus par la Russie. La décision aurait été prise le 21 juillet 2026, selon le ministère géorgien des Affaires étrangères.
Cette volte-face diplomatique met fin à une reconnaissance accordée en 2009 et réduit encore le nombre de pays membres de l’ONU considérant ces deux territoires comme des États indépendants.
Nauru revient sur une décision prise en 2009
Le ministère géorgien des Affaires étrangères a annoncé que Nauru avait retiré sa reconnaissance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud. Selon Tbilissi, les autorités nauruanes ont adopté cette décision le 21 juillet.
La Géorgie a salué une mesure qui confirmerait l’importance du « respect des normes du droit international » dans les relations entre les États. Le gouvernement géorgien s’est également déclaré prêt à établir des relations diplomatiques avec Nauru.
Pour le moment, les autorités nauruanes n’ont toutefois pas communiqué publiquement sur ce changement de position. Aucun message relatif à cette décision n’a notamment été publié sur les réseaux officiels du gouvernement.
Une reconnaissance longtemps soutenue par la Russie
Nauru avait reconnu l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud en décembre 2009, devenant alors l’un des rares pays membres des Nations unies à suivre la position de la Russie.
À l’époque, le média russe Kommersant avait affirmé que Nauru avait sollicité 50 millions de dollars auprès de Moscou pour financer des projets sur l’île. Les responsables abkhazes avaient rejeté l’idée d’un paiement direct en échange de cette reconnaissance, tout en reconnaissant que les relations internationales reposaient parfois sur des négociations politiques et financières.
Avant le revirement annoncé en juillet 2026, cinq pays membres de l’ONU reconnaissaient l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud : la Russie, le Nicaragua, le Venezuela, la Syrie et Nauru.
Nauru suit le Vanuatu et les Tuvalu
Nauru devient le troisième État du Pacifique à revenir sur sa reconnaissance de ces deux territoires séparatistes.
Le Vanuatu et les Tuvalu avaient déjà rompu leurs relations diplomatiques avec l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud en 2011, après les avoir reconnues pendant une courte période.
Le retrait de Nauru laisse désormais la Russie, le Nicaragua, le Venezuela et la Syrie parmi les rares pays à maintenir leur reconnaissance. La position syrienne pourrait cependant évoluer depuis la chute du président Bachar al-Assad à la fin de l’année 2024, même si aucune modification officielle n’a encore été annoncée par Damas.
Un succès diplomatique pour la Géorgie
L’Abkhazie et l’Ossétie du Sud ont proclamé leur indépendance à la suite de conflits avec la Géorgie. Leur souveraineté n’est reconnue que par une très faible partie de la communauté internationale.
Pour Tbilissi, le retrait de la reconnaissance de Nauru constitue donc une victoire diplomatique, alors que la Géorgie cherche à réaffirmer son intégrité territoriale et à isoler davantage les autorités séparatistes soutenues par Moscou.

