Nauru devient officiellement Naoero et reprend son nom traditionnel

Le petit État insulaire du Pacifique connu jusqu’à présent sous le nom de Nauru porte désormais officiellement celui de République de Naoero. Cette décision souveraine vise à aligner l’appellation internationale du pays sur le nom utilisé dans sa langue nationale.
Le changement entraînera plusieurs évolutions administratives et diplomatiques, notamment concernant le code international du pays, le nom de ses habitants ainsi que celui de ses avions et de ses navires.
La République de Naoero remplace officiellement Nauru
La République de Nauru a officiellement adopté le nom de République de Naoero, conformément à l’orthographe et à la prononciation employées dans la langue locale.
Le changement a été annoncé par le président David Adeang, après son approbation par le Parlement au cours de deux votes successifs.
Le gouvernement avait déjà informé les Nations unies de cette nouvelle appellation le 26 juin 2026. L’organisation internationale répertorie désormais le pays sous le nom de Naoero dans sa liste officielle des États membres.
Prononcé approximativement « Now-éro », Naoero correspond au nom traditionnel utilisé par la population. L’appellation Nauru s’était progressivement imposée dans les relations internationales, notamment parce qu’elle était jugée plus facile à prononcer par les étrangers.
Pour les autorités, il ne s’agit donc pas d’inventer une nouvelle identité nationale, mais d’adopter officiellement le nom déjà utilisé dans le pays.
Une décision portée par le président David Adeang
David Adeang avait présenté le projet au Parlement en janvier 2026. Le chef de l’État estimait que le nom Naoero permettait de mieux représenter la langue, le patrimoine et l’identité nationale.
Le Parlement a ensuite approuvé la modification au cours des deux lectures nécessaires.
Un référendum avait initialement été envisagé afin de demander à la population de confirmer ce changement. Après plusieurs discussions, les parlementaires ont finalement estimé qu’une consultation populaire n’était pas indispensable.
Le gouvernement a notamment souligné que le terme Naoero était déjà employé par la population, qu’il apparaissait sur les armoiries nationales et que son utilisation était compatible avec la Constitution.
Pour les dirigeants du pays, le changement constitue ainsi la reconnaissance administrative d’une réalité linguistique et culturelle déjà largement établie.
Les habitants seront désormais appelés dei-Naoero
L’adoption du nouveau nom aura plusieurs conséquences concrètes.
Le code international à trois lettres du pays doit notamment passer de NRU à NRO. Les habitants ne seront plus officiellement désignés comme des Nauruans, mais comme des dei-Naoero.
Les autorités devront également modifier progressivement les documents officiels, les représentations diplomatiques et certaines dénominations institutionnelles.
Les avions nationaux, les navires ainsi que les différents services publics utilisant encore le nom Nauru devront à leur tour adopter celui de Naoero.
Le gouvernement a engagé des démarches auprès des États étrangers et des organisations internationales pour que la nouvelle appellation soit progressivement reconnue.
Plusieurs partenaires diplomatiques du pays, notamment l’Australie, la Nouvelle-Zélande, les États-Unis et la Chine, ont déjà commencé à utiliser le nom Naoero sur certains de leurs supports officiels.
Naoero, l’un des plus petits États du monde
Avec une population d’environ 12 000 habitants, Naoero est le troisième pays le moins peuplé au monde, derrière le Vatican et Tuvalu.
Située dans le Pacifique central, à proximité de l’équateur, l’île couvre une superficie d’environ 21 kilomètres carrés.
Le territoire a successivement été placé sous administration allemande, australienne et japonaise avant d’obtenir son indépendance le 31 janvier 1968.
L’histoire récente du pays a été profondément marquée par l’exploitation du phosphate. Cette ressource naturelle a permis à l’île de connaître une période de prospérité exceptionnelle durant les années 1970.
Pendant plusieurs années, les revenus tirés du phosphate ont fait de la population locale l’une des plus riches du monde par habitant. L’épuisement progressif des gisements exploitables et les difficultés de gestion de ces ressources ont cependant provoqué une importante crise économique à partir des années 1990.
Un pays à la recherche d’un nouveau modèle économique
Naoero tente aujourd’hui de diversifier son économie afin de réduire sa dépendance aux revenus liés au phosphate et aux accords conclus avec ses partenaires étrangers.
Le gouvernement développe notamment des projets dans les domaines des infrastructures, des services, des transports et de l’investissement international.
Le territoire reste également particulièrement exposé aux conséquences de l’érosion côtière et de la montée du niveau de la mer. Une grande partie des habitations et des infrastructures publiques se trouve à proximité immédiate du littoral.
Les autorités souhaitent donc déplacer progressivement certains équipements vers les zones centrales et plus élevées de l’île.
Un programme de citoyenneté contre investissement a notamment été créé afin d’attirer des capitaux étrangers et de financer une partie de ces projets d’adaptation.
Un changement de nom à portée internationale
La décision de Naoero s’inscrit dans une pratique déjà adoptée par plusieurs États souhaitant harmoniser leur nom international avec celui utilisé dans leur langue nationale.
En 2018, le Swaziland avait ainsi choisi de devenir officiellement Eswatini. En 2022, la Turquie avait demandé aux Nations unies et à ses partenaires internationaux d’utiliser l’appellation Türkiye.
Dans le cas de Naoero, la décision relève avant tout d’un choix souverain et institutionnel. Elle permet au pays de présenter à l’étranger le même nom que celui employé depuis longtemps par sa population.
David Adeang a estimé que cette évolution marquait le début d’un renouveau de la fierté nationale.
Pour ce petit État du Pacifique, confronté à d’importants défis économiques, environnementaux et diplomatiques, l’adoption du nom Naoero doit désormais permettre d’affirmer plus clairement son identité sur la scène internationale.
