Seul au large, il s’en sort de justesse

Résumé IA
Un chasseur sous-marin de 43 ans, porté disparu près d'une heure au large de La Foa, est secouru sain et sauf après une vaste opération. Victime d'une crampe, il avait dérivé jusqu'à la presqu'île Lebris. Les autorités rappellent les règles de sécurité.
Une heure sans nouvelles, un vent qui forcit, et l’angoisse qui monte sur l’eau.
Au large de La Foa, ce mercredi, la mer a rappelé qu’elle ne pardonne pas l’imprudence, mais aussi que la chaîne des secours, elle, ne lâche rien.
Une sortie de pêche qui tourne à l’alerte
Tout avait commencé comme une journée ordinaire.
En début de matinée, un groupe de chasseurs sous-marins quitte le wharf de Ouano, à La Foa, à bord d’une « plate » à moteur de quatre mètres. Direction la passe d’Ouaraï, où l’équipe se met à l’eau.
Puis le groupe se scinde en deux. Un homme de 43 ans pêche seul, à l’écart.
Et ses coéquipiers finissent par le perdre de vue.
Sur zone, les conditions se dégradent : le vent fraîchit. Les minutes passent, sans signe de vie. Au bout de près d’une heure, inquiets, ses camarades donnent l’alerte. Il est environ 13h30 ce mercredi 21 octobre quand le centre opérationnel de surveillance et de sauvetage de Nouvelle-Calédonie, le COSS NC, est saisi.
Un dispositif massif, de la mer jusqu’au ciel
La réaction est immédiate. Après avoir recueilli les éléments de l’alerte, le COSS NC diffuse un « MAYDAY RELAY », un message de relais de détresse adressé à tous les navires présents dans le secteur.
Sur l’eau, les moyens convergent. Le semi-rigide « UTAH » de la station SNSM de Bouloupari est engagé, aux côtés de la vedette « SIANDE » des gardes-nature de Bourail. Deux navires de pêche volontaires rejoignent aussi le dispositif.
Ce n’est pas tout.
Le COSS NC mobilise un hélicoptère Caracal des forces armées en Nouvelle-Calédonie, basé sur la BA 186 « Nouméa-Tontouta ». À terre, une patrouille de la brigade de gendarmerie de La Foa quadrille la côte.
Les recherches démarrent vers 15 heures. Marins bénévoles, militaires, gendarmes, gardes-nature, pêcheurs du coin : c’est tout un territoire qui se met en mouvement pour un seul homme. Voilà ce que vaut, concrètement, l’engagement de ceux qui portent l’uniforme ou qui s’engagent bénévolement, loin des discours.
Vers 16h30, le soulagement. L’un des navires de pêche volontaires repère le chasseur près de la presqu’île Lebris et le hisse à bord. Il est sain et sauf.
L’explication est simple. Victime d’une crampe, incapable de signaler ses difficultés, l’homme s’est laissé dériver depuis la passe jusqu’à la terre la plus proche. Un réflexe de survie qui a payé.
Lui et ses deux coéquipiers ont ensuite été escortés jusqu’au wharf de Ouano, en sécurité.
La mer exige de la responsabilité
Cette histoire finit bien. Elle aurait pu mal tourner.
Le COSS NC en tire une leçon claire, qui relève avant tout de la responsabilité de chacun. Avant d’appareiller, il faut vérifier que la météo prévue est compatible avec l’activité envisagée. Ce mercredi, c’est justement le vent qui s’est levé.
Il faut aussi partir avec de vrais moyens de communication et de sécurité. Même en chasse sous-marine, rappellent les autorités, une planche équipée d’une glacière ou d’un bac à poisson permet d’emporter un téléphone portable dans une pochette étanche. Un détail ? Pas quand on dérive seul, une crampe à la jambe, sans pouvoir appeler.
Et surtout, une règle d’or : ne jamais chasser seul, ni s’isoler du groupe.
La chasse sous-marine fait partie de l’art de vivre calédonien. Elle se pratique avec passion, souvent depuis l’enfance. Mais la liberté qu’offre le lagon va de pair avec un minimum de discipline. Les secours ont répondu présent, avec efficacité et sang-froid. À chacun, désormais, de faire en sorte de ne pas avoir à les appeler.
(Crédit photo : COSS-NC)


