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L'actualité locale

Des milliards… et toujours pas de pont !

21 octobre 2026 à 09:00
3 min de lecture
Des milliards… et toujours pas de pont !

Résumé IA

Lundi 19 octobre, Stéphane Séjourné présente des pistes d'investissements européens pour la Nouvelle-Calédonie, mais le projet de pont du Mont-Dore en est absent. L'association Citoyen Mondorien réagit, dénonçant un consensus sans portage et réclamant un pilote institutionnel, une priorisation et un calendrier de financement.

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Des milliards annoncés pour le Caillou, mais pas un mot pour le pont du Sud. À Mont-Dore et Yaté, la patience des habitants commence sérieusement à s’épuiser.

Des annonces européennes, un grand absent

Ce lundi 19 octobre, Stéphane Séjourné était porteur de bonnes nouvelles.

Le vice-président de la Commission européenne chargé de la prospérité et de la stratégie industrielle a présenté plusieurs pistes d’investissements européens pour la Nouvelle-Calédonie. La filière nickel figure en bonne place parmi les perspectives évoquées.

Sur le papier, tout semble aller dans le bon sens.

Sauf qu’un dossier, lui, n’apparaît nulle part. Celui du pont du Mont-Dore.

Il n’a pas fallu attendre longtemps pour que la réaction tombe. Le jour même, l’association Citoyen Mondorien est montée au créneau sur sa page Facebook, avec une question posée en lettres capitales : des milliards pour les infrastructures, et toujours pas de pont pour le Sud du Mont-Dore et Yaté ?

L’association ne conteste pas l’intérêt des annonces. Elle les qualifie même d’encourageantes. Mais elle refuse de s’en contenter.

Car pour les habitants du Sud, l’enjeu n’a rien d’abstrait.

Tout le monde soutient, personne ne porte

Depuis plusieurs années, l’ACM frappe à toutes les portes.

Rencontres institutionnelles, échanges, plaidoyers : l’association n’a pas ménagé ses efforts. Ce lundi encore, ses représentants ont rencontré Amaury Decludt, directeur de la mission interministérielle, pour défendre ce projet qu’ils jugent essentiel.

Et le constat, selon eux, ne bouge pas d’un millimètre.

Tout le monde reconnaît la nécessité de l’ouvrage. Tout le monde affiche son soutien. Mais personne ne semble réellement porter le dossier.

C’est là tout le paradoxe d’un projet que chacun approuve et que personne n’assume. Un consensus de façade, en somme, qui ne fait pas avancer d’un mètre le moindre chantier.

Pendant que les réunions se succèdent, la réalité du terrain, elle, reste la même. Des milliers d’habitants demeurent dépendants d’un unique axe routier pour leurs déplacements quotidiens.

Une seule route. Pas d’alternative.

Pour toute une population, c’est une fragilité permanente, vécue au quotidien.

Des actes, pas des promesses

L’ACM ne se contente pas de dénoncer. Elle pose ses conditions, clairement.

D’abord, un pilote institutionnel identifié, c’est-à-dire une autorité qui prenne officiellement la main sur le projet. Ensuite, l’inscription du pont parmi les projets prioritaires. Enfin, un calendrier précis, assorti d’un véritable plan de financement.

Rien d’extravagant. Simplement ce qu’on attend de tout grand projet d’infrastructure digne de ce nom.

Le message adressé aux décideurs est sans détour : l’association réclame des actes, pas seulement des paroles.

Et la question finale lancée à tous ses soutiens résume à elle seule l’exaspération du Sud : qui prendra enfin la responsabilité de porter ce projet ?

Au moment où l’Europe met des moyens sur la table pour la Nouvelle-Calédonie, la demande des Mondoriens a le mérite de la cohérence. Si l’heure est aux investissements structurants, le désenclavement du Sud ne peut pas rester en bas de la pile.

Pour l’ACM, le Sud du Mont-Dore et Yaté ne doivent plus être les oubliés des grands investissements.

La balle est désormais dans le camp des institutions.

(Crédit photo : Office de Tourisme du Grand Sud)