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Au delà du récif

Manifs : la chute continue

1 novembre 2026 à 05:16
4 min de lecture
Manifs : la chute continue

Résumé IA

Réunis ce samedi dans toute la France, les manifestants de l'acte III étaient moins nombreux selon les chiffres officiels, avec 320.000 participants, contre 410.000 une semaine plus tôt. Les organisateurs revendiquent toujours un demi-million de personnes. Le maintien de l'ordre a donné lieu à 296 interpellations à 18 heures, et plusieurs cortèges non autorisés ont été dispersés à Paris.

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Troisième samedi de mobilisation, et les cortèges ont nettement maigri.
D’une semaine à l’autre, les chiffres officiels montrent une contestation qui recule face à un dispositif de sécurité massif.

Une rue moins pleine, des chiffres qui ne mentent pas

Le pari des organisateurs était clair : faire au moins aussi bien que le week-end précédent.

C’est raté.

Ce samedi 31 octobre, l’acte III a rassemblé 320.000 personnes dans toute la France, dont 70.000 à Paris, selon la préfecture de police. Le 24 octobre, les autorités en comptaient 410.000, dont 110.000 dans la capitale. En une semaine, Paris a donc perdu plus d’un tiers de ses manifestants.

Évidemment, les organisateurs ne voient pas les choses ainsi. L’intersyndicale jeunesse revendique un demi-million de participants. Le 24 octobre, les syndicats annonçaient déjà 800.000 personnes, comme le 17 octobre. Le chiffre ne bouge pas d’une semaine à l’autre, alors que les comptages officiels baissent.

L’appel venait pourtant de loin : syndicats, lycéens, étudiants et « gilets jaunes » marchaient ensemble. Plus de 350 actions étaient prévues sur l’ensemble du territoire, et les autorités attendaient entre 350.000 et 450.000 personnes. Le résultat est resté sous la fourchette basse.

Face à cela, l’État n’a pas baissé la garde. Le dispositif de sécurité XXL déjà déployé le week-end dernier a été reconduit à l’identique.

La bataille du parcours parisien s’est jouée devant les juges. Le tribunal administratif avait validé l’itinéraire entre Bastille et Nation. Le Conseil d’État a annulé cette décision.

En région, le décalage entre les deux comptages devient presque caricatural

C’est à Bordeaux que le contraste est le plus frappant.

La police y a compté 11.000 manifestants, contre 15.500 la semaine précédente. Une baisse nette, sans ambiguïté.

Les syndicats, eux, annoncent 70.000 personnes. Le 24 octobre, ils en revendiquaient 60.000. Pour la police, le cortège rétrécit. Pour les syndicats, il grossit. L’écart dépasse désormais un rapport de un à six.

Chacun se fera son idée.

À Lyon, la préfecture a recensé 19.000 manifestants. Un participant, légèrement blessé à la jambe, a été pris en charge par les pompiers et conduit à l’hôpital. À ce stade, la préfecture dit n’avoir aucune information sur l’origine de la blessure. Prudence, donc, avant d’en tirer une conclusion.

Sur le terrain, le maintien de l’ordre a fonctionné. À 18 heures, le ministère de l’Intérieur comptait 296 interpellations dans tout le pays. Ce chiffre rappelle que, derrière les slogans, une partie des cortèges reste prête à déborder.

Paris, entre cortèges sauvages et fermeté policière

Dans la capitale, la journée ne s’est pas limitée au défilé officiel.

Un cortège sauvage est parti de la rue de la Roquette avant de rejoindre la manifestation déclarée. Deux autres rassemblements non autorisés se sont tenus ailleurs dans Paris le même jour. Ce sont trois initiatives en marge des règles, et autant de fronts à couvrir pour les forces de l’ordre.

À Montmartre, la scène avait quelque chose d’irréel. Une centaine de personnes se sont retrouvées bloquées en haut des marches de la basilique du Sacré-Cœur, encerclées par un cordon de policiers. Selon Franceinfo, la préfecture de police avait repéré un sit-in prévu à cet endroit.

L’affaire s’est terminée sans heurts. En fin d’après-midi, les manifestants ont été autorisés à partir au compte-goutte par un escalier discret, côté est. Le climat était paisible. Sur les pentes de la butte, des touristes regardaient le soleil se coucher sur Paris, sans paraître inquiets.

Dans le 9e arrondissement, en revanche, l’ambiance a été bien plus tendue.

Un petit défilé non déclaré descendait sans bruit la rue de Rochechouart. Selon un reporter présent, un escadron de la BRAV-M est arrivé à sa hauteur, au niveau de la rue de Maubeuge. L’arrivée des motos en nombre a provoqué un début de panique chez les jeunes participants. Ils ont rapidement été scindés en petits groupes et plaqués contre les façades des rues de Maubeuge et de la Tour-d’Auvergne. Toujours selon ce témoin, quelques-uns ont reçu des coups de matraque télescopique, alors que rien ne laissait voir de menace.

Ce genre d’épisode alimentera sans doute les critiques habituelles contre la police. Mais il faut garder le contexte en tête : il s’agissait d’un défilé non déclaré, un samedi de tension maximale, avec près de 300 interpellations dans le pays à l’heure du bilan.

Le bilan de ce troisième samedi tient en une phrase. La mobilisation baisse selon les chiffres officiels, alors que le discours des organisateurs ne varie pas. Reste à savoir si les syndicats et les « gilets jaunes » choisiront d’appeler à un acte IV.

(Crédit photo : JEFF PACHOUD / AFP)