Affaire Bally Bagayoko : Pécresse demande des comptes sur les 200 élus employés par la RATP

Après les révélations sur le cumul emploi-mandat du maire LFI de Saint-Denis, la présidente de la région Île-de-France s’interroge sur les conditions accordées aux autres élus salariés de la RATP. Selon Le Canard enchaîné, elle souhaite notamment qu’une mission flash soit menée à l’Assemblée nationale.
Louise Dugast 12/08/2026

Valérie Pécresse demande désormais que la lumière soit faite sur les autres élus employés par la Régie. © AFP
L’affaire Bally Bagayoko pourrait avoir des ramifications bien au-delà de Saint-Denis. Après les révélations du Canard enchaîné sur le cumul, pendant plusieurs années, des mandats locaux du maire LFI avec un emploi de cadre à temps plein à la RATP, Valérie Pécresse demande désormais que la lumière soit faite sur les autres élus employés par la Régie. Selon l’hebdomadaire satirique, la présidente de la région Île-de-France veut connaître le nombre d’élus franciliens ayant pu bénéficier d’un régime comparable et réclame davantage de transparence sur ces recrutements, anciens comme actuels. Elle pousse notamment l’idée d’une mission flash à l’Assemblée nationale.
Ces interrogations trouvent un écho dans le parcours de Jacques Marsaud, ancien bras droit du maire communiste de Saint-Denis Patrick Braouezec, devenu cadre dirigeant de la RATP et à l’origine du recrutement de Bally Bagayoko en 2000. Dans son livre Passion commune, publié en 2018, il racontait avoir animé un réseau d’environ 200 agents de la Régie titulaires d’un mandat électif. Des élus « de droite, de gauche, du centre », écrivait-il, qui pouvaient servir de relais locaux et parfois ministériels à l’entreprise. Jacques Marsaud évoquait également des facilités accordées pour leur permettre d’exercer leurs mandats. C’est désormais sur l’étendue et les modalités de ce système que Valérie Pécresse souhaite obtenir des réponses.
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Cette nouvelle séquence intervient alors que le maire LFI de Saint-Denis fait l’objet d’une plainte contre X déposée par AC !! Anti-Corruption auprès du Parquet national financier pour des soupçons notamment de « détournement de fonds publics » et d’« emploi fictif ». L’association souhaite déterminer dans quelles conditions Bally Bagayoko a pu cumuler ses mandats avec son emploi à la RATP, rémunéré plus de 6 000 euros par mois.
Dans les rangs de La France insoumise, les révélations du Canard ont suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. Interrogé par l’hebdomadaire, le député LFI Rodrigo Arenas refuse toutefois de reprendre les accusations de racisme formulées contre le journal par certains soutiens de l’édile. Le parlementaire reconnaît surtout que la situation professionnelle de Bally Bagayoko n’était pas inconnue : « Votre article ne fait que révéler une information que tout le monde connaît. » Reste désormais à déterminer si le cas du maire de Saint-Denis était isolé ou s’inscrivait dans une pratique plus large au sein de la RATP.

