De Poum à Lifou, ils apprennent le métier des armes

Ils ont entre 19 et 39 ans, viennent de Nouméa comme de Poum, et ont tous dit oui. Pendant quinze jours, ces Calédoniens apprennent le métier des armes et le sens du mot servir.
Une promotion qui ressemble vraiment à la Nouvelle-Calédonie
Du 8 au 22 août, le CRI accueille une nouvelle promotion de préparation militaire gendarmerie.
Quinze jours. Pas un de plus. Quinze jours pour découvrir un métier, une discipline, un uniforme.
Et surtout pour vérifier une chose : la volonté de servir. Ceux qui composent cette promotion ont entre 19 et 39 ans. Autant dire deux générations réunies dans la même salle de cours.
Leurs parcours professionnels n'ont, à première vue, rien en commun. On y trouve un cuisinier, un géologue, une étudiante en droit. Mais aussi des pompiers volontaires, un agent de surveillance, un agent d'accueil touristique.
Un chauffeur routier également. Et une demandeuse d'emploi, qui a choisi d'occuper ce temps autrement qu'en attendant. Certains sont parents. D'autres sont encore étudiants, ou tout juste entrés dans la vie active.
Plusieurs sont déjà engagés comme sapeurs-pompiers volontaires : pour eux, le service des autres n'est pas une découverte, mais une habitude.
D'autres, à l'inverse, franchissent pour la première fois la porte du monde militaire. Ils y entrent sans référence, sans famille dans l'institution, sans réseau. Simplement avec l'envie.
La géographie de cette promotion mérite elle aussi qu'on s'y arrête. Nouméa, Koné, Poindimié, Lifou, Poum, Tontouta. Le Grand Nouméa, la brousse, les îles. Autant de communes que de trajets, souvent longs, pour venir se former.
Voilà une Nouvelle-Calédonie réunie, non pas par un discours, mais par une décision individuelle.
Les niveaux de formation confirment cette diversité assumée. CAP, BEP, BAC, BTS, DEUST, cursus universitaires : aucun profil n'est écarté d'avance. La gendarmerie ne demande pas d'où l'on vient, elle demande ce que l'on est prêt à donner.
Ce qui rassemble ces stagiaires tient en quelques mots : l'envie de s'engager, de se dépasser, d'apprendre et de servir.
Dans une société où l'on entend surtout parler de droits, il est bon de rappeler que certains viennent chercher des devoirs. Cette promotion démontre une nouvelle fois que l'engagement n'a pas de profil unique.
Chacun arrive avec son histoire, ses compétences, son expérience personnelle. Tous avancent désormais dans la même direction.
Une formation courte, dense, et sans complaisance
La PMG n'est pas un stage de découverte. C'est une formation courte et dense, conçue pour transmettre l'essentiel en un temps réduit.
Dès l'incorporation, les stagiaires sont immergés dans le cadre militaire. Présentation du stage, déontologie, apprentissage des grades. Le salut, les règles de comportement militaire, la tenue.
Des fondamentaux que certains découvrent, et que d'autres redécouvrent. Le programme est ensuite large, et volontairement exigeant. Police judiciaire, premiers secours, intervention professionnelle. Maniement et usage des armes, techniques de contrôle, transmissions radio. Police de la route, et de nombreuses mises en situation.
Rien de théorique : on apprend ici des gestes qui, un jour, serviront sur le terrain.
L'intervention professionnelle constitue l'un des piliers de ce parcours.
Les stagiaires suivent les modules de maîtrise avec arme de l'adversaire (MAAA) et de maîtrise sans arme de l'adversaire (MSAA). S'y ajoutent les techniques d'intervention et les connaissances générales indispensables. Vient ensuite la validation du tir. Et, le cas échéant, celle du port de l'arme.
Autant dire que rien n'est acquis à l'avance. Car l'évaluation est continue. Condition physique, respect du cadre, maîtrise des techniques, compréhension du cadre légal : tout est observé, tout compte.
En amont du stage, chacun a déjà suivi un enseignement à distance pour acquérir les premières bases. Objectif : la qualification d'agent de police judiciaire adjoint (APJA).
Une exigence qui en dit long sur le sérieux du dispositif. Ici, on ne distribue pas de brevets de bonne volonté. On forme des femmes et des hommes appelés à porter l'uniforme de la gendarmerie nationale.
Des formateurs expérimentés, une réserve qui monte en puissance
Derrière cette promotion, il y a une équipe. Des gendarmes d'active et de réserve, issus d'unités variées. Escadrons de gendarmerie mobile, brigades territoriales, pelotons de surveillance et d'intervention de la gendarmerie (PSIG).
Chacun apporte l'expérience de son terrain.
Parmi les réservistes opérationnels engagés dans l'encadrement, certains sont d'anciens militaires d'active. Après une carrière complète, ils ont choisi de rester utiles plutôt que de raccrocher. D'autres ont intégré la réserve précisément par le biais d'une PMG.
Ils étaient stagiaires hier, ils sont formateurs aujourd'hui. Et pour trois d'entre eux, le parcours est allé plus loin encore.
La preuve, s'il en fallait une, que la réserve n'est pas une voie de garage. C'est une trajectoire, avec ses étapes et ses perspectives.
Dans un territoire où la question de la sécurité reste centrale, cette montée en puissance de la réserve opérationnelle n'a rien d'anecdotique.
Chaque réserviste formé, c'est une capacité supplémentaire au service des Calédoniens. Chaque promotion, c'est un rappel : l'État républicain forme, encadre et fait confiance.
Loin des postures et des surenchères, ces stagiaires ont fait un choix simple. Celui de l'engagement plutôt que du commentaire. Celui de l'action plutôt que de la plainte.
Le 22 août, ils quitteront le CRI avec un bagage nouveau. Certains poursuivront vers la réserve opérationnelle. D'autres, peut-être, vers une carrière d'active.
Tous auront appris la même chose : servir n'est pas un mot, c'est une discipline.
(Crédit photo : Gendarmerie de Nouvelle-Calédonie)

