Jeudi soir, le Congrès ouvre ses portes à tous les Calédoniens

Deux heures d'échanges, une entrée libre, et un hémicycle rendu à ceux qui l'ont élu. Le Congrès de la Nouvelle-Calédonie rouvre ses portes ce jeudi, sur un thème qui touche à l'identité même de l'archipel.
Un hémicycle ouvert, sans filtre et sans ticket d'entrée
Jeudi 20 août, de 18 heures à 20 heures, l'hémicycle du boulevard accueillera le public. Sans inscription, sans conditions, sans droit d'entrée.
L'assemblée législative de la Nouvelle-Calédonie propose une nouvelle édition de ses « rendez-vous du Congrès ». Le thème retenu : « Liens entre culture et nature en Nouvelle-Calédonie ».
Le principe est simple et il mérite d'être souligné, tant on a pris l'habitude de voir les institutions se replier sur elles-mêmes. Ici, c'est le bâtiment qui vient aux citoyens, et non l'inverse.
Deux heures. Un lieu chargé d'histoire. Des témoignages.
La démarche s'inscrit dans une ligne assumée par la présidente du Congrès. « Je souhaite que l'institution soit proche des citoyens », déclare Virginie Ruffenach, qui annonce par ailleurs réfléchir à :
d'autres ouvertures du Congrès au public, pour faire revenir les Calédoniens dans ce bâtiment historique.
Faire revenir. Le verbe dit tout.
Car il y a bien eu un éloignement, une distance installée entre l'institution et ceux qu'elle représente. Ce mouvement d'ouverture ne relève pas de la communication : il engage une conception du mandat électif où l'élu rend des comptes autrement que par voie de presse.
Nature et cultures : ce qui fait tenir une société calédonienne
Le sujet choisi n'a rien d'anodin.
La Nouvelle-Calédonie est un archipel d'une exceptionnelle richesse naturelle. Elle est aussi une terre empreinte d'une formidable diversité culturelle, façonnée par des histoires, des territoires et des modes de vie multiples.
Les Calédoniens ont des modes de vie différenciés selon leur appartenance culturelle. C'est un fait. Mais tous, sans exception, construisent avec la nature une part de leur identité et de leurs coutumes.
Voilà le point d'ancrage de la rencontre de jeudi.
Plutôt que de plaquer un discours uniforme sur une société qui ne l'est pas, l'événement fera entendre différentes personnalités de la société calédonienne et leurs rapports au vivant. Autant de témoignages qui ouvriront le regard sur notre société et ses divers rapports à la nature.
Le pluriel est important. On ne parlera pas d'un rapport à la nature, mais de rapports, au pluriel, coexistants.
C'est une approche qui tranche avec les récits d'opposition permanente. Ici, ce qui rassemble est mis sur la table avant ce qui divise. Le terrain commun existe : il s'appelle le récif, la brousse, la mer, la terre. Personne n'en détient le monopole.
Et personne, sur ce caillou, n'a jamais eu besoin d'un colloque international pour comprendre que la nature n'est pas un décor.
Une séquence institutionnelle qui monte en puissance jusqu'en septembre
Ce rendez-vous du 20 août n'est pas un événement isolé. Il ouvre une séquence.
La rencontre s'inscrit dans le cadre de l'organisation de la 11e Conférence des îles du Pacifique sur la conservation de la nature, qui se tiendra du 7 au 11 septembre au centre culturel Tjibaou. Vingt-quatre pays de la région y sont attendus.
Un rendez-vous régional d'ampleur, accueilli en Nouvelle-Calédonie, sur un sujet où le territoire dispose d'une expertise réelle et d'un patrimoine reconnu.
Puis viendra le 15 septembre.
Cette date-là s'inscrira dans l'anniversaire du 19 septembre 1940, jour du ralliement de la Nouvelle-Calédonie à la France Libre à l'appel du général de Gaulle. La présidente du Congrès annonce :
un moment de témoignages des familles, des descendants des combattants de la Seconde Guerre mondiale.
Il faut mesurer ce que représente ce choix.
Le 19 septembre 1940 n'est pas une date parmi d'autres dans l'histoire calédonienne. C'est le moment où ce territoire du bout du monde a fait un choix clair, engagé, risqué. Les descendants de ceux qui l'ont fait seront invités à témoigner dans l'enceinte du Congrès.
Une institution qui convoque sa propre mémoire, publiquement, devant ceux dont les familles l'ont écrite : l'exercice est rare. Il est aussi salutaire.
Trop souvent, l'histoire de l'engagement calédonien aux côtés de la France Libre reste confinée aux cercles d'initiés et aux commémorations protocolaires. La sortir de ce cadre pour la donner à entendre au grand public relève d'un travail de transmission, pas d'un exercice de célébration.
Jeudi 20 août. De 18 heures à 20 heures. Hémicycle du boulevard. Entrée libre.
Deux heures pour écouter des voix calédoniennes parler de ce qui les relie à leur terre.
Puis septembre, avec la conférence régionale du Tjibaou et ses vingt-quatre délégations, et la mémoire du ralliement de 1940 restituée par ceux qui en portent l'héritage familial.
Le calendrier institutionnel du Congrès se dessine ainsi : ouvert, ancré, tourné vers ceux qui vivent ici.
Reste maintenant à savoir si les Calédoniens franchiront la porte.
Elle est ouverte.

(Crédit photo : Lecoeur / Adobe Stock - Hienghène, Nouvelle-Calédonie.)
