Le nouvel exécutif est en ordre de marche

Deux équilibres politiques. Onze portefeuilles stratégiques. Une seule priorité affichée : remettre la Nouvelle-Calédonie sur le chemin du redressement.
Quelques jours après son élection, le 19ᵉ gouvernement a dévoilé la répartition de ses secteurs, un choix hautement politique qui fixe déjà les rapports de force de cette nouvelle mandature.
Une répartition des secteurs au cœur de l'équilibre politique
Le 5 août, en fin de matinée, les onze membres du 19ᵉ gouvernement de la Nouvelle-Calédonie se sont réunis sous la présidence de Milakulo Tukumuli, quelques jours après leur élection intervenue le 31 juillet.
À ses côtés, Christopher Gygès, élu vice-président du gouvernement, participait à cette première séance de collégialité consacrée à un exercice particulièrement attendu : la répartition des secteurs entre les membres de l'exécutif.
Comme le veut la tradition institutionnelle, le haut-commissaire de la République, représentant de l'État, assistait à cette réunion.
Cette étape constitue l'un des premiers actes majeurs d'un nouveau gouvernement. Elle permet à chaque membre de recevoir les compétences administratives dont il assurera l'animation et le contrôle pendant la mandature.
Cette répartition intervient dans la continuité du Pacte de gouvernance conclu entre Les Loyalistes, Le Rassemblement et L'Éveil océanien, accord politique qui a permis l'élection de Milakulo Tukumuli à la présidence et de Christopher Gygès à la vice-présidence.
Au-delà d'un simple partage administratif, la distribution des portefeuilles traduit les équilibres politiques issus de cette nouvelle majorité.
Les secteurs les plus stratégiques, comme l'économie, les finances, l'enseignement, la mine ou encore l'aménagement du territoire, constituent traditionnellement les principaux leviers de l'action gouvernementale.
La répartition adoptée fixe donc les responsabilités de chacun pour les prochaines années.
Cette décision a ensuite été officialisée par un arrêté du gouvernement, rendu public à l'issue de la séance.
Une procédure prévue par la loi organique
Cette organisation des compétences n'est pas laissée à la seule appréciation politique.
Elle est prévue par l'article 130 de la loi organique du 19 mars 1999 relative à la Nouvelle-Calédonie.
Le texte dispose que :
« Sous réserve des dispositions de l'article 135, le gouvernement charge chacun de ses membres d'animer et de contrôler un secteur de l'administration par une délibération prise dans les dix jours suivant l'élection des membres du gouvernement. »
Le gouvernement devait donc procéder à cette répartition dans le délai fixé par la loi.
Cette délibération constitue un acte politique majeur, puisqu'elle détermine les domaines d'intervention de chaque membre du gouvernement.
Chaque responsable est ensuite chargé d'animer et de contrôler son secteur administratif, tout en participant au fonctionnement collégial de l'exécutif.
Le principe de collégialité demeure au cœur des institutions calédoniennes.
Chaque membre conserve ainsi une responsabilité collective dans les décisions gouvernementales, même si chacun pilote un domaine spécifique.
Conformément aux textes, les membres du gouvernement peuvent également être entendus par le Congrès ou par sa commission permanente, à leur demande, afin d'exposer les politiques relevant de leurs compétences.
Les onze secteurs répartis entre les membres du gouvernement
L'arrêté publié à l'issue de la réunion précise les responsabilités confiées à chacun.
Milakulo Tukumuli, président du gouvernement, prend en charge les transports, la santé et la protection sociale. Il conserve également les relations avec les collectivités, le Congrès et le Conseil économique, social et environnemental, en plus de ses compétences propres en matière de relations extérieures et de sécurité civile.
Christopher Gygès, vice-président, hérite de l'économie, de la fiscalité, des télécommunications et des questions douanières. Il suit également les dossiers relatifs au commerce extérieur, à l'attractivité de la Nouvelle-Calédonie et à la souveraineté alimentaire.
Nina Julié est chargée de l'enseignement, de la jeunesse et des sports, avec une compétence complémentaire concernant la protection de l'enfance.
Laurent Bonnefond prend la responsabilité de l'urbanisme et de l'aménagement du territoire. Il suit également les questions foncières, la reconstruction, la commande publique, le patrimoine immobilier de la Nouvelle-Calédonie ainsi que la transformation numérique.
Philippe Blaise se voit confier le budget, les finances et la fonction publique, des secteurs essentiels dans un contexte de redressement des comptes publics.
Alcide Ponga devient responsable de la mine et de l'énergie, deux piliers majeurs de l'économie calédonienne.
Gilbert Tyuienon reçoit les compétences relatives au travail, à l'emploi et à la formation professionnelle, auxquelles s'ajoute le dialogue social.
Johanito Wamytan est chargé de la pêche ainsi que des dossiers concernant l'océan, le parc naturel de la mer de Corail, la recherche et le climat.
Ernest Déméné prend en charge la culture, ainsi que l'égalité et la citoyenneté.
Méryl Marlier est responsable de l'économie sociale et solidaire ainsi que de la politique de l'eau.
Enfin, Billy Forest reçoit les affaires coutumières ainsi que les questions liées au patrimoine culturel kanak. En lien avec le président du gouvernement, il assurera également les relations avec le Sénat coutumier et les conseils coutumiers.
Cette répartition confirme que les principaux leviers économiques, budgétaires, éducatifs et miniers demeurent au cœur de la stratégie de la nouvelle majorité.
Après la constitution de l'exécutif et la désignation de son président, cette étape ouvre désormais la phase opérationnelle de la mandature. Chaque membre dispose d'un périmètre clairement défini pour conduire les politiques publiques relevant de ses compétences, dans le respect du principe de collégialité prévu par les institutions de la Nouvelle-Calédonie.
(Crédit photo : Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie)

