Levay Roy, deux fauteuils d'un coup

Résumé IA
Levay Roy prend la présidence de l'OCEF et de l'Agence rurale, avec Edwin Billiet comme vice-président dans les deux instances. Le duo veut remettre la production calédonienne au centre et renforcer la sécurité alimentaire du pays.
Deux présidences, un même homme, et un cap clair : remettre la production calédonienne au centre.
Au Congrès comme sur le terrain, les Loyalistes placent l'un des leurs aux commandes du monde rural.
Un tandem pour deux maisons du monde rural
Il y a des retours qui ont du sens.
Élu du groupe Les Loyalistes au Congrès et à la province Sud, Levay Roy a pris, il y a quelques jours, la présidence de l'OCEF. C'est dans cette même maison qu'il avait commencé sa carrière. Il y revient aujourd'hui avec les responsabilités, et avec une connaissance intime de la maison que peu de responsables publics peuvent revendiquer.
Il ne s'est pas contenté d'une prise de fonction protocolaire. À peine installé, le nouveau président a fixé une ambition : transformer cet acteur clé des filières agricoles pour qu'il réponde mieux aux attentes de ceux qui produisent comme de ceux qui achètent. Les producteurs d'un côté. Les consommateurs calédoniens de l'autre. Et entre les deux, un établissement public qui doit faire le lien.
Au sein du conseil d'administration, il pourra compter sur Edwin Billiet, désigné vice-président.
La séquence ne s'arrête pas là.
Levay Roy a également été nommé président de l'Agence rurale, et c'est de nouveau Edwin Billiet qui l'épaule comme vice-président. Le même binôme se retrouve donc à la tête de deux outils majeurs de la politique agricole calédonienne.
Cette cohérence n'est pas anodine. Quand deux établissements interviennent sur les mêmes filières, auprès des mêmes exploitants, parler d'une seule voix évite les doublons et les lenteurs dont le monde agricole se passerait volontiers. Pour les éleveurs, les maraîchers et les cultivateurs du pays, c'est un interlocuteur identifiable.
Et identifiable, cela compte. Le monde rural n'a pas besoin de discours supplémentaires : il a besoin de décisions lisibles, de relais efficaces et de responsables qui connaissent le terrain.
L'Agence rurale, un outil au service de ceux qui produisent
Pour mesurer l'enjeu, il faut revenir à ce qu'est l'Agence rurale.
Cet établissement public de la Nouvelle-Calédonie est né de la fusion de deux structures : l'ERPA, l'Établissement de régulation des prix agricoles, et l'APICAN, l'Agence pour l'indemnisation des calamités agricoles ou naturelles. Elle est opérationnelle depuis le 1er janvier 2019.
Sa première mission touche directement au porte-monnaie des Calédoniens. L'Agence intervient sur la régulation des prix des produits agricoles et agroalimentaires. Selon les filières, elle agit soit sur le prix lui-même, soit sur les quotas d'importation. L'objectif affiché est double et assumé : développer la production locale, avec une juste rémunération des agriculteurs et un juste prix pour les consommateurs.
Autrement dit, protéger ceux qui travaillent la terre ici plutôt que de tout miser sur ce qui arrive par conteneur.
Le deuxième volet relève de la prévention. L'Agence met en place des dispositifs anticipatifs pour protéger les milieux naturels et les espaces agricoles : le « plan foin », la mesure « occupation des sols », ou encore l'aide à l'achat de barrières. Elle contribue aussi à la préservation de ces milieux par la lutte contre les feux et contre les espèces envahissantes. Lorsqu'une crise sanitaire frappe le domaine animal ou végétal, elle participe aux dépenses de gestion.
Vient ensuite l'indemnisation.
Quand une calamité naturelle ou une crise sanitaire exceptionnelle, reconnue par le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, ravage les récoltes, c'est l'Agence rurale qui indemnise les agriculteurs pour leurs pertes. Un filet de sécurité indispensable dans un pays exposé aux cyclones, aux sécheresses et aux aléas climatiques.
Enfin, l'établissement accompagne les filières au quotidien. Études, appels à projets, campagnes de communication, valorisation des signes de qualité, incitations à la transition agroécologique : l'Agence joue un rôle de soutien dans la durée.
La sécurité alimentaire, un enjeu de souveraineté
Derrière ces missions techniques se dessine une ambition plus large.
De manière générale, l'Agence rurale œuvre à améliorer la sécurité alimentaire du pays, à dynamiser la production agricole calédonienne et à diversifier l'offre alimentaire proposée aux Calédoniens.
Le sujet dépasse largement le cadre agricole. Un territoire qui produit ce qu'il mange est un territoire plus solide, moins dépendant des chaînes d'approvisionnement lointaines et mieux armé face aux crises. Nourrir sa population, c'est aussi une forme de liberté.
C'est ce chantier que Levay Roy et Edwin Billiet ont désormais entre les mains. Avec l'OCEF et l'Agence rurale, ils disposent de deux leviers complémentaires. Aux actes de suivre, et aux producteurs de juger.


