Dimanche 14 décembre, lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche, Donald Trump a confirmé son intention de faire ériger un Arc de Triomphe à Washington, près du pont d’Arlington. Un projet déjà évoqué à l’automne, mais désormais assumé, revendiqué et politiquement incarné.
Le président américain ne s’en cache pas : il s’agit d’un geste symbolique fort, destiné à inscrire durablement son mandat dans l’espace monumental de la capitale fédérale. À ses yeux, Washington ne peut plus rester à l’écart des grandes capitales mondiales qui célèbrent leur histoire par des monuments visibles, puissants et identifiables.
Un arc pour marquer la puissance américaine
Donald Trump l’affirme sans détour : l’Arc de Triomphe de Washington sera plus impressionnant que celui de Paris.
« Il va l’écraser, à tous points de vue », a-t-il déclaré devant la presse, tout en reconnaissant que le monument parisien possède une singularité que nul ne peut lui retirer : son histoire.
Mais pour le président américain, l’histoire ne se limite pas à l’ancienneté. Elle se construit, s’assume et se projette. Washington est, selon lui, la seule grande capitale mondiale dépourvue d’arc monumental, un vide symbolique qu’il entend combler.
L’objectif est clair : offrir aux États-Unis un repère architectural fort, visible, immédiatement identifiable, à la hauteur de leur statut de puissance mondiale. Dans un monde multipolaire où les symboles comptent autant que les chiffres, l’architecture devient un outil politique assumé.
2026, une date hautement symbolique
Le calendrier n’a rien d’anodin. L’Arc de Triomphe de Washington doit être achevé en 2026, à l’occasion des 250 ans de la déclaration d’indépendance des États-Unis. Une date fondatrice que Donald Trump souhaite célébrer non par des discours abstraits, mais par un monument durable, visible par tous.
En évoquant la guerre de Sécession (1861-1865), le président établit un parallèle direct avec l’histoire européenne. Il reconnaît que la France dispose d’un capital historique ancien, mais insiste sur un point central : les États-Unis aussi ont leurs combats, leurs fractures et leurs victoires.
La seule chose contre laquelle vous ne pouvez pas rivaliser, c’est l’histoire, a-t-il concédé, avant d’ajouter que l’histoire américaine continue de s’écrire, y compris par des choix architecturaux forts.
Une présidence bâtisseuse et assumée
Ce projet d’Arc de Triomphe s’inscrit dans une logique plus large.
Donald Trump a déjà lancé un autre chantier d’envergure : la destruction de l’« East Wing » de la Maison Blanche pour y construire une immense salle de bal de plus de 8 000 mètres carrés, capable d’accueillir 650 personnes.
Initialement estimé à 200 millions de dollars, le coût de cette salle de bal dépasse désormais 350 millions de dollars, un chiffre assumé par l’exécutif. Pour Donald Trump, la grandeur institutionnelle ne se négocie pas à l’économie.
Le président a assuré que ces travaux seraient terminés bien avant la fin de son second mandat, fixée au 20 janvier 2029. Là encore, le message est clair : laisser une empreinte tangible, mesurable, incontestable.
À rebours d’une époque marquée par la déconstruction et la culpabilisation permanente, Donald Trump revendique une politique du symbole, de la fierté nationale et de la continuité historique.
L’Arc de Triomphe de Washington n’est pas un caprice esthétique, mais un acte politique assumé.
Là où certains dirigeants occidentaux s’excusent de leur passé, Trump choisit de le monumentaliser. Là où d’autres effacent, il construit. Là où l’Europe doute, l’Amérique trumpienne affirme.
Qu’on l’approuve ou non, une chose est certaine : cet arc de triomphe, s’il voit le jour, deviendra l’un des marqueurs les plus visibles de l’ère Trump, au même titre que ses choix diplomatiques, économiques et institutionnels.
À Washington, la pierre parlera. Et elle parlera fort.


















