Iran : les exécutions s’accélèrent sur fond de guerre et de répression politique

Deux personnes condamnées pour espionnage au profit d’Israël ont été exécutées lundi 3 août en Iran. Les organisations de défense des droits humains dénoncent une multiplication des condamnations à mort visant notamment des prisonniers politiques, des manifestants et des opposants au régime.
Deux condamnés pour espionnage exécutés en Iran
La répression intérieure continue de se durcir en Iran. Lundi 3 août, les autorités iraniennes ont procédé à l’exécution de deux personnes reconnues coupables d’espionnage au profit d’Israël.
Ces mises à mort interviennent dans un contexte de fortes tensions militaires et diplomatiques. Le président américain affirme que des discussions seraient actuellement engagées entre Washington et Téhéran, une version formellement démentie par les autorités iraniennes.
Une semaine auparavant, deux autres personnes avaient déjà été exécutées à Ispahan. Les procédures judiciaires ayant conduit à leur condamnation ont été dénoncées comme expéditives par plusieurs témoins et organisations de défense des droits humains.
Ces exécutions avaient également provoqué des rassemblements de protestation dans la ville.
Une manifestation dispersée par des tirs à Ispahan
Quelques heures avant les dernières mises à mort, une vidéo diffusée depuis Ispahan montrait un important rassemblement dans les rues de la ville.
Selon plusieurs témoignages, les forces de sécurité iraniennes auraient dispersé la foule en ouvrant le feu. Au moins une personne aurait été tuée et plusieurs autres blessées lors de cette intervention.
Une habitante interrogée par France Info affirme que le nombre d’exécutions a fortement augmenté depuis le début du conflit.
Elle évoque jusqu’à deux pendaisons par jour, réalisées tôt le matin, au moment de l’appel à la prière. Elle dénonce également les conditions dans lesquelles sont jugés les prisonniers politiques, dont certains seraient privés d’avocat et de garanties judiciaires élémentaires.
Des aveux obtenus sous la torture dénoncés
Les organisations internationales de défense des droits humains alertent depuis plusieurs mois sur les méthodes utilisées par le régime iranien pour obtenir certaines condamnations.
Bahar Saba, spécialiste de l’Iran au sein de Human Rights Watch, affirme que les autorités ont recours à des aveux extorqués sous la torture afin de justifier des peines particulièrement lourdes.
L’ONG s’inquiète notamment du sort des opposants, des dissidents et des manifestants toujours détenus dans les prisons iraniennes.
Selon l’organisation, de nombreux prisonniers restent exposés à des exécutions arbitraires, parfois réalisées secrètement et sans information préalable des familles.
Pour les défenseurs des droits humains, la peine de mort est désormais utilisée par les autorités iraniennes comme un outil de pression destiné à intimider la population et à empêcher toute nouvelle mobilisation contre le pouvoir.
886 exécutions recensées depuis le début de l’année
Human Rights Watch affirme que 886 exécutions ont été recensées en Iran depuis le début de l’année 2026.
Ce bilan témoigne d’un recours massif à la peine capitale, alors que la guerre et les tensions avec Israël fournissent au régime un contexte favorable au renforcement de la surveillance et de la répression intérieure.
Les accusations d’espionnage, de collaboration avec une puissance étrangère ou d’atteinte à la sécurité nationale sont régulièrement utilisées pour poursuivre des opposants ou des personnes soupçonnées de soutenir les adversaires de la République islamique.
Sur fond de confrontation régionale, les organisations de défense des droits humains craignent désormais une nouvelle accélération des exécutions et des condamnations prononcées contre les prisonniers politiques.

