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Profs le jour, sauveteurs toujours

22 octobre 2026 à 16:00
3 min de lecture
Profs le jour, sauveteurs toujours

Résumé IA

Cinq enseignants et deux infirmières scolaires, venus de tout le territoire, suivent une formation de sept jours au collège Mariotti à Nouméa pour devenir formateurs aux premiers secours citoyens. Le gouvernement calédonien présente le cadre réglementaire via la DSCGR. Ces professionnels transmettront ensuite leurs compétences dans leurs établissements.

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Sept jours de vacances sacrifiés pour apprendre à sauver des vies, puis à l’enseigner. Pendant que certains attendent tout des autres, des enseignants calédoniens ont choisi d’agir.

Des vacances consacrées à l’essentiel

Les vacances scolaires d’octobre n’ont pas eu le même goût pour tout le monde. Au collège Mariotti, à Nouméa, cinq enseignants et deux infirmières scolaires ont passé sept jours en formation présentielle. Objectif : devenir formateurs aux premiers secours citoyens.

Ils n’arrivaient pas les mains vides. Une phase préparatoire à distance avait déjà posé les bases.

Tous relèvent du vice-rectorat – direction générale des enseignements de la Nouvelle-Calédonie. Et tous ont fait le choix de se former non pas seulement pour eux-mêmes, mais pour transmettre. C’est toute la différence entre savoir un geste et savoir l’enseigner : le second exige rigueur, pédagogie et sens des responsabilités.

On parle souvent de l’école comme d’un lieu de savoirs. On oublie qu’elle peut aussi être un lieu où l’on apprend à protéger la vie d’autrui. Ces professionnels l’ont visiblement compris.

De Poum à Thio, un engagement qui couvre tout le territoire

Il suffit de regarder la carte pour mesurer l’effort consenti. Les stagiaires venaient de Hienghène, de Canala, de Poum, de Kouaoua, de Thio, de Dumbéa et de Nouméa. Du Grand Nord à la côte Est, de la brousse au Grand Nouméa, ils ont fait le déplacement.

Ce détail n’en est pas un.

Car dans les communes éloignées, la question des secours se pose avec une acuité particulière. Disposer sur place de formateurs capables de diffuser les gestes qui sauvent, c’est renforcer concrètement la capacité de chaque population à faire face à l’urgence. Sans attendre que tout vienne d’ailleurs. Sans s’en remettre uniquement aux autres.

Voilà une conception exigeante de la citoyenneté : chacun doit pouvoir être le premier maillon de la chaîne de secours. Ni héros, ni spectateur. Simplement responsable.

Ces enseignants et infirmières repartiront dans leurs établissements avec une compétence rare, celle de former à leur tour. L’effet multiplicateur est évident, et c’est précisément l’intérêt d’une formation de formateurs.

L’État, le gouvernement et l’école sur la même ligne

La session n’a pas été menée en vase clos. Le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie est intervenu par l’intermédiaire du service de la culture du risque et de la résilience (SCRR), rattaché à la direction de la Sécurité civile et de la gestion des risques (DSCGR).

Son rôle ? Présenter aux futurs formateurs l’environnement et le cadre réglementaire des formations aux premiers secours. Un rappel indispensable : on ne s’improvise pas formateur. Les règles existent, elles encadrent, elles garantissent la qualité de ce qui sera enseigné.

L’intervention a aussi permis d’assister à plusieurs mises en situation pédagogiques conduites par les stagiaires eux-mêmes. Du concret, du terrain, de la répétition. Exactement ce qu’on attend d’une formation sérieuse.

Reste un chiffre qui dit tout de l’engagement de l’institution scolaire. Chaque année, les enseignants du vice-rectorat assurent la moitié des formations aux premiers secours citoyens dispensées en Nouvelle-Calédonie.

La moitié.

Autrement dit, l’Éducation joue déjà un rôle central dans la diffusion de la culture du secours, en particulier auprès des jeunes. Une jeunesse à qui l’on transmet des réflexes plutôt que des excuses, des responsabilités plutôt que des plaintes.

À l’heure où l’on déplore volontiers ce qui ne fonctionne pas, ces sept jours au collège Mariotti rappellent une évidence trop souvent oubliée : quand des agents publics s’engagent, que l’institution les accompagne et que le cadre est clair, le service rendu à la population progresse. Sans bruit, mais avec des résultats.

(Crédit photo : Sécurité Civile NC)