Ils disaient impossible. Il l’a fait.

Résumé IA
Le 8 novembre 2016, Donald Trump devient le 45e président des États-Unis, une victoire jugée impossible par les experts. Il remporte 279 grands électeurs contre 228 pour Hillary Clinton, en s’imposant dans les États pivots comme la Floride et la Pennsylvanie. Il promet d’être « le président de tous les Américains » et de reconstruire le pays.
Les experts l’avaient déjà enterré avant le dépouillement du premier bulletin.
Dans la nuit du 8 novembre 2016, l’Amérique leur a donné tort.
Une victoire que les experts jugeaient impossible
Il y a des soirs électoraux qui se contentent de confirmer ce qu’on attendait. Le 8 novembre 2016 n’en fait pas partie.
Ce soir-là, Donald Trump devient le 45e président des États-Unis. Pendant des mois, sondeurs, analystes et commentateurs avaient répété la même chose : le milliardaire new-yorkais ne pouvait pas gagner. Sa victoire était jugée hautement improbable, presque fantaisiste.
Il l’a pourtant emporté.
Et nettement. Au moment où la victoire est acquise, le candidat républicain compte 279 grands électeurs, contre 228 pour Hillary Clinton. Il en fallait 270.
Les critiques n’avaient rien épargné au candidat républicain, ses frasques ont été commentées jusqu’à la nausée. Rien n’y a fait. Les électeurs ont tranché, et ils l’ont fait dans le cadre exact prévu par les institutions américaines.
Bien sûr, ses adversaires mettront en avant le vote populaire. Sur ce plan, Hillary Clinton termine devant, avec environ 48 % des suffrages contre 46 % pour son rival. Cet avantage tient largement à un électorat très concentré dans les grandes métropoles.
Mais la présidence américaine ne se gagne pas sur les seules côtes ni dans les quartiers branchés de quelques grandes villes. Elle se gagne État par État. Ce système a été conçu pour que chaque territoire compte, et ce sont précisément ces territoires que Donald Trump est allé chercher.
La nuit où les États pivots ont basculé
Pour l’emporter, le républicain devait réussir un exploit : s’imposer dans la quasi-totalité des États pivots, là où les deux candidats étaient au coude-à-coude.
L’Arizona, le Colorado, la Floride, l’Iowa, le Nevada, la Caroline du Nord, l’Ohio, la Pennsylvanie, la Virginie... Une carte à haut risque, où la moindre défaite pouvait tout faire basculer.
Le tournant arrive un peu avant 23 heures, heure de New York.
L’Ohio tombe dans l’escarcelle de Donald Trump. Dix-huit grands électeurs supplémentaires. Surtout, c’est le premier État à changer de camp, alors qu’il avait voté massivement pour Barack Obama en 2012. C’est un premier avertissement pour les démocrates.
Hillary Clinton, elle, empoche comme prévu les 55 grands électeurs de la Californie. Malgré ce gros bloc, elle reste derrière son adversaire.
Une heure plus tard, la Floride tombe à son tour.
C’est un coup de massue pour le camp Clinton. Les 29 grands électeurs de cet État passent aux républicains, alors que la démocrate y semblait avantagée grâce à l’importante communauté latino. Le scénario écrit d’avance par tant d’observateurs commence à se fissurer de toutes parts.
Puis c’est le tour de la Caroline du Nord, un autre État clé, qui rapporte quinze grands électeurs de plus au milliardaire.
Le coup de grâce tombe au milieu de la nuit. L’Arizona, et surtout la Pennsylvanie, se rangent derrière Donald Trump. Le seuil des 270 est franchi.
Du côté démocrate, aucune prise de parole. Le directeur de campagne d’Hillary Clinton annonce qu’elle ne s’exprimera pas cette nuit-là et invite ses partisans à « rentrer chez eux ».
« Je serai le président de tous les Américains »
Quelques instants plus tard, le président élu prend la parole. Visiblement très ému, il commence par évoquer son adversaire.
Je viens de recevoir un appel de madame la secrétaire d’État Clinton. Elle nous a félicités pour notre victoire et je l’ai félicitée, ainsi que sa famille, pour sa campagne lors de laquelle elle s’est battue jusqu’au bout.
Il ajoute :
Nous lui devons énormément pour ce qu’elle a fait pour notre pays. Il est temps maintenant de panser nos blessures.
Ce n’est pas le ton revanchard que beaucoup attendaient. C’est un discours de rassemblement.
Je fais cette promesse à tous les citoyens : je serai le président de tous les Américains.
Le nouveau locataire désigné de la Maison-Blanche décrit sa campagne comme un « formidable mouvement composé d’Américains de tous les horizons, de toutes croyances ». Puis il fixe le cap : « En travaillant ensemble, nous allons nous attacher à reconstruire le rêve américain. »
Pour y parvenir, il promet un « projet de croissance nationale ». Avec des mots concrets, loin des abstractions habituelles des discours de victoire.
Nous allons reconstruire nos villes, nos routes, nos ponts ou nos hôpitaux… Nous allons mettre des millions de personnes au travail pour reconstruire le pays.
Il n’oublie pas non plus les vétérans et s’engage à s’occuper d’eux.
Reste le monde extérieur, inquiet, parfois hostile. Donald Trump choisit de le rassurer sans renoncer à la ligne qui l’a fait gagner.
Nous mettrons toujours les intérêts américains en premier, mais nous travaillerons avec tous les pays qui le voudront.
Puis il précise :
Nous chercherons le compromis plutôt que l’hostilité, le partenariat plutôt que le conflit.
Pour lui, la souveraineté n’interdit pas la coopération. L’Amérique d’abord, mais une Amérique qui reste ouverte au dialogue.
Cette nuit du 8 novembre 2016, ceux qui avaient dit que c’était impossible ont dû se rendre à l’évidence. Le peuple américain avait voté, et le résultat ne correspondait pas à ce qu’ils avaient prédit.
(Crédit photo : Getty - Mark Makela)


