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Tribune

Quand le wokisme s'invite dans nos écoles primaires

8 novembre 2026 à 17:00
4 min de lecture
Quand le wokisme s'invite dans nos écoles primaires

Résumé IA

En Nouvelle-Calédonie, un questionnaire destiné à des élèves de CM1 et CM2 sur les premiers secours inclut la case « Je préfère ne pas répondre » à la question « Tu es ». Cette formulation, présentée comme un signe d’inclusion, suscite un débat sur la banalisation de ces normes dans les écoles. L’article s’interroge sur la pertinence de telles précautions auprès d’un jeune public.

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Le wokisme ne s'impose pas toujours à travers de grandes déclarations ou des débats médiatiques. Parfois, il suffit d'une petite case dans un questionnaire destiné à des enfants pour relancer une interrogation : jusqu'où les nouvelles normes sociétales doivent-elles s'inviter dans notre quotidien, et particulièrement sur les bancs de nos écoles primaires ?

Une petite case qui en dit long sur notre époque

En Nouvelle-Calédonie, des élèves de CM1 et CM2 sont invités à remplir un questionnaire avant une intervention pédagogique consacrée aux premiers secours et aux risques naturels.

Un programme utile, nécessaire et parfaitement adapté aux réalités de notre territoire.

Mais au milieu de ce document, une question attire l'attention :

« Tu es : »

☐ Une fille
☐ Un garçon
☐ Je préfère ne pas répondre

Trois cases. Quelques mots. Et une formulation qui semble désormais si ordinaire que certains ne comprennent même plus pourquoi elle pourrait susciter des interrogations. C'est précisément cette banalisation qui mérite réflexion.

Le wokisme du quotidien : quand l'exception devient une habitude

Depuis plusieurs années, les débats autour du genre, de l'identité et des nouvelles normes sociétales occupent une place croissante dans l'espace public. Ces évolutions se retrouvent progressivement dans les formulaires administratifs, les communications institutionnelles et certains supports pédagogiques.

Pour leurs défenseurs, il s'agit d'une démarche de respect et d'inclusion. Pour leurs détracteurs, cette multiplication de précautions traduit une forme de conformisme idéologique qui finit par s'imposer sans véritable discussion.

La formule « Je préfère ne pas répondre » ne signifie pourtant pas qu'il existerait une troisième catégorie de sexe. Elle permet simplement de ne pas communiquer une information. Mais faut-il pour autant considérer son utilisation comme systématiquement pertinente, quel que soit l'âge du public ou le sujet abordé ?

Pourquoi une telle question, et cette possibilité de ne pas y répondre, figurent-elles dans un questionnaire destiné à apprendre aux enfants comment réagir face à un cyclone, un tsunami ou un accident ?

C'est cette interrogation que l'on devrait pouvoir soulever sans être immédiatement accusé d'intolérance.

Ce qui devrait nous interpeller, c'est notre indifférence

Le plus révélateur n'est peut-être pas la présence de cette troisième case. C'est le fait qu'elle puisse être considérée comme parfaitement naturelle, sans que personne ne s'interroge sur son utilité. À force de voir certaines formulations se multiplier, nous finissons par ne plus les remarquer.

Ce qui aurait autrefois suscité une discussion devient une simple convention rédactionnelle. Et ce qui apparaît aujourd'hui comme anodin peut, demain, devenir une norme que plus personne ne songe à questionner. Cela ne signifie pas que chaque formulation nouvelle relève nécessairement d'une volonté militante. Mais cela ne signifie pas non plus que toutes les évolutions doivent être acceptées sans réflexion.

La banalisation d'une pratique ne constitue pas, à elle seule, une justification de sa pertinence.

Et nos enfants dans tout cela ?

L'école primaire devrait rester un espace où l'essentiel demeure l'acquisition des connaissances, le développement de l'esprit critique et la transmission de repères adaptés à l'âge des élèves. Personne ne conteste la nécessité d'enseigner le respect d'autrui, quelles que soient les différences.

Mais respecter les personnes ne devrait pas empêcher de s'interroger sur les choix de langage et les conventions qui apparaissent dans les documents destinés aux plus jeunes.

Une chose est de permettre à chacun de préserver sa vie privée. Une autre serait de considérer que toute question, même élémentaire, doit nécessairement être accompagnée de nouvelles précautions.

Et c'est là que le débat mérite d'exister.

À vouloir éviter toute possibilité de froisser une sensibilité, ne finit-on pas par compliquer inutilement le quotidien, y compris celui de nos enfants ?

Refuser que tout devienne banal

Ce document n'est pas un scandale en soi. Et il serait injuste de prêter à ses auteurs des intentions que rien ne permet de démontrer. Mais il constitue un exemple concret de ces évolutions discrètes qui traversent notre société. On peut y voir une simple mesure de confidentialité. On peut aussi y reconnaître l'un des symptômes d'une époque où le souci d'inclusion conduit à multiplier des formulations dont la nécessité n'est pas toujours évidente.

Ce débat ne doit pas devenir un procès contre ceux qui interviennent dans nos écoles pour transmettre des savoirs essentiels.

Il doit nous conduire à poser une question beaucoup plus fondamentale : quelles évolutions voulons-nous réellement voir s'installer dans le quotidien de nos enfants, et sur quels critères décidons-nous qu'elles sont nécessaires ?

Car une société libre doit pouvoir interroger ses propres habitudes, même lorsqu'elles sont présentées comme bienveillantes.

Le plus inquiétant n'est pas toujours ce qui change brutalement. C'est parfois ce qui devient banal sans que plus personne ne se demande pourquoi.