J’ai rallumé la radio.
C’était la rentrée de l’actualité.
J’ai compris que la trêve des confiseurs était finie.
Que la politique revenait.
Doucement. Mais sûrement.
J’ai entendu parler de Paris.
D’une date.
Le 16 janvier.
J’ai noté la date.
Comme tout le monde.
J’ai entendu que le format n’était pas encore clair.
Mais que le dialogue, lui, était relancé.
J’ai hoché la tête.
Même si j’étais seul.
J’ai appris que neuf députés arrivaient.
Neuf.
J’ai compté.
J’ai arrêté de compter.
Ils venaient pour comprendre.
S’imprégner.
Mesurer les réalités.
J’ai pensé qu’ils allaient surtout mesurer la chaleur.
Après ça, on m’a parlé d’alcool.
Enfin, surtout de ne pas en boire.
Un mois.
J’ai trouvé ça ambitieux.
J’ai vu des gens convaincus.
D’autres sceptiques.
J’ai reconnu les miens.
On a expliqué que ce n’était pas que pour les gros buveurs,
mais pour ceux qui boivent « un peu ».
Souvent.
J’ai compris que c’était moi.
Ensuite, on a parlé d’animaux.
Des chiens.
Des chats.
Des abandons.
J’ai serré les dents.
J’ai appris que les adoptions repartaient.
Pas autant qu’avant.
Mais assez pour reprendre espoir.
J’ai trouvé ça beau.
Triste.
Les deux.
Puis l’Australie était sous l’eau.
Des routes coupées.
Des hélicoptères.
Un mètre trente de pluie.
J’ai regardé le ciel.
Après, il y avait du sport.
Beaucoup de sport.
Des matchs.
Des finales.
Des objectifs.
J’ai réalisé que pendant que certains couraient après un ballon,
d’autres couraient après des accords,
des consciences,
ou un mois sans alcool.
Moi, j’ai éteint la radio.
J’ai regardé l’heure.
J’ai soupiré.
J’ai compris que tout repartait.
Bref.


















