Alors que six personnes ont été tuées dans les révoltes en Iran contre la politique des autorités islamiques, Jean-Luc Mélenchon dénonce une ingérence du Mossad. De son côté, le député LFI Hadrien Clouet n’hésite pas à qualifier le régime des mollahs de « néolibéral ». De quoi provoquer de vives réactions.

L’Iran en proie aux violences à cause d’Israël ? C’est ce que laisse entendre La France insoumise (LFI). En réaction aux révoltes qui secouent le pays depuis dimanche 28 décembre, ayant déjà fait six morts, Jean-Luc Mélenchon considère que ces manifestations « témoignent de l’impasse d’un pouvoir religieux à gérer une société développée sans la bâillonner » et fait part de sa « sympathie » à l’égard de « l’insoumission populaire qui affirme le droit à une vie digne ».
En revanche, l’ancien candidat à la présidentielle – dont le parti a adopté une ligne pro-Palestine et antisioniste au point d’être régulièrement accusé d’antisémitisme – pointe le soutien du Mossad. Le service de renseignement israélien encourage en effet les manifestants à intensifier leur mobilisation sociale : « Sortez ensemble dans les rues. L’heure est venue. Nous sommes avec vous. Pas seulement de loin ou par les mots. Nous sommes aussi avec vous sur le terrain. »
Une déclaration qui n’est pas vue d’un bon œil par Jean-Luc Mélenchon, pour qui il s’agit d’une façon d’« exaspérer (sic) les tensions entre Iraniens ». « Dans quel autre pays sinon sous ce gouvernement Netanyahou d’extrême droite un service d’espionnage exprime-t-il un point de vue public sur les événements dans un autre pays ? » s’interroge le fondateur de LFI.
L’analyse de Jean-Luc Mélenchon a suscité de vives réactions en ligne. « Sale populiste grabataire », lâche notamment l’association Femme Azadi. D’autres internautes ont dénoncé : « Il ne peut pas défendre un peuple sans impliquer Israël », « C’est là une obstination qui laisse songeur, tant elle paraît déconnectée de la réalité de ce soulèvement profond, mais finalement tellement connectée à son idéologie nauséabonde »…
Le régime de mollahs « néolibéraux »
Le député insoumis Hadrien Clouet estime pour sa part que la théorie de l’ère du peuple, développée par Jean-Luc Mélenchon dès les années 2000, est « observable en Iran ». Dans un long message sur X, l’élu évoque les commerçants du bazar, à l’origine de la mobilisation. Selon lui, ces piliers historiques de Téhéran « concentrent capital économique et capital social, d’où [leur] puissance d’entraînement – et [leur] capacité à user de la grève comme arme de lutte décisive ».
Hadrien Clouet n’hésite pas à assimiler « le régime fondamentaliste iranien » au néolibéralisme. L’insoumis rappelle que le bazar est en difficulté en raison de « la baisse des salaires réels », de « l’hyperinflation qui interdit d’investir » et de la « dévaluation exponentielle qui empêche d’importer (explosion du prix de toute pièce rendue invendable sur place) ». Le tout, « en l’absence de toute base industrielle publique (vendue à la découpe par les mollahs néolibéraux) ».
La sortie d’Hadrien Clouet a elle aussi suscité de nombreux commentaires : « Soit vous n’y connaissez rien à l’Iran, soit vous prenez vraiment vos militants pour des cons ! » ou encore « LFI ne prononcera jamais le mot théocratie islamiste », peut-on lire sur X. « Vous êtes tout ce qu’on combat… et vous détruirez la France comme les gauchistes iraniens ont détruit l’Iran », fustige enfin Femme Azadi.
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