À Wellington, Laura Vendegou porte la voix des femmes calédoniennes au sein du Pacifique

Vingt-neuf femmes parlementaires du Pacifique se sont réunies durant trois jours au Parlement néo-zélandais pour renforcer leur coopération, partager leurs expériences et développer leurs réseaux. Représentant la Présidente Congrès de la Nouvelle-Calédonie, Laura Vendegou y a défendu les avancées réalisées localement en matière de parité.
Un rendez-vous régional consacré au leadership féminin
Du 28 au 30 juillet 2026, Wellington a accueilli le « Tuākana-Teina, Whenua, Talanoa Wānanga – Women in Leadership », un rassemblement réunissant des femmes parlementaires venues de l’ensemble du Pacifique.
Organisée au Parlement de Nouvelle-Zélande, cette rencontre avait pour thème central « la prise de décision et la capacité à influencer le changement dans le Pacifique ». Les participantes ont travaillé sur plusieurs enjeux directement liés à l’exercice de responsabilités politiques : le leadership, la construction d’alliances, l’influence sur les décisions publiques, mais aussi le harcèlement fondé sur le genre et les violences commises en ligne.
Le terme māori wānanga désigne un temps d’apprentissage, de réflexion et d’échange collectif. Le programme reposait notamment sur le talanoa, une méthode de dialogue largement utilisée dans le Pacifique pour partager les expériences et faire émerger des solutions adaptées aux réalités locales.
Laura Vendegou représentait la Présidente du Congrès de la Nouvelle-Calédonie
La Présidente était représentée par Laura Vendegou, élue de la province Sud et membre du Congrès, mandatée pour l’occasion par Virginie Ruffenach.
Selon l’élue calédonienne, vingt-neuf parlementaires ont participé à cette édition. Étaient notamment représentés le Vanuatu, Niue, les États fédérés de Micronésie, les Îles Cook, Tuvalu, les Îles Salomon, Bougainville, Samoa, Tonga, Tokelau, Fidji, Kiribati, Nauru, la Nouvelle-Zélande et la Nouvelle-Calédonie.
Cette diversité a permis de confronter les expériences de territoires aux organisations politiques et institutionnelles très différentes, mais confrontés à des problématiques communes concernant la place des femmes dans la décision publique.
Laura Vendegou a notamment présenté les avancées obtenues en Nouvelle-Calédonie depuis l’adoption de la loi française sur la parité en 2000. Elle a également évoqué les dispositifs territoriaux et provinciaux destinés à mieux faire connaître la condition féminine et les difficultés auxquelles certaines femmes calédoniennes restent confrontées.
La Nouvelle-Calédonie met en avant son modèle paritaire
Dans son intervention, Laura Vendegou a rappelé que la Nouvelle-Calédonie est française et que les progrès réalisés localement en matière d’égalité découlent en grande partie du système juridique et républicain français.
Nous n’avons pas à rougir en Nouvelle-Calédonie, nous sommes sur la bonne voie
a-t-elle estimé, tout en reconnaissant que le processus restait encore inachevé.
La loi française du 6 juin 2000 a profondément modifié la composition des assemblées politiques en imposant un accès plus équilibré des femmes et des hommes aux mandats électoraux. Dans le contexte calédonien, ces règles ont contribué à installer durablement la parité au sein des listes présentées aux élections provinciales.
L’élue a toutefois insisté sur la nécessité de poursuivre le travail engagé pour déconstruire les représentations traditionnelles du rôle des femmes, renforcer leur visibilité et faciliter leur accès aux responsabilités politiques, économiques et associatives.
Elle a également souligné le rôle essentiel joué par les associations calédoniennes dans l’accompagnement des femmes, la défense de leurs droits et la mise en lumière des violences ou des inégalités persistantes.
Renforcer durablement les Parlements du Pacifique
La rencontre était financée et animée par Tai a Kiwa – Stronger Pacific Parliaments, un programme porté par le Bureau du greffier du Parlement néo-zélandais avec le soutien du ministère néo-zélandais des Affaires étrangères et du Commerce.
Créé en 2019, Tai a Kiwa fournit une assistance pratique et technique aux institutions parlementaires du Pacifique. Son action passe par des formations, des visites, du mentorat, un appui institutionnel et le développement de relations entre élus et administrations parlementaires.
Une première rencontre consacrée aux femmes parlementaires du Pacifique avait déjà été organisée en 2023. Elle avait alors rassemblé une trentaine d’élues pendant trois jours de formation, de partage d’expériences et de développement professionnel.
Le président du Parlement néo-zélandais, Gerry Brownlee, a présenté ces échanges comme un moyen de renforcer les compétences des élues, de consolider leurs réseaux de soutien et d’approfondir les relations entre les institutions parlementaires de la région.
Une représentation féminine encore inégale dans le Pacifique
Malgré les progrès enregistrés dans plusieurs territoires, la représentation politique des femmes demeure très variable dans le Pacifique. Au 1er janvier 2026, les femmes occupaient environ 27,5 % des sièges parlementaires dans le monde. Dans la région Pacifique au sens large, leur part atteignait environ 24 %, mais cette moyenne masque d’importants écarts entre les différents pays et territoires.
Certains États insulaires restent très éloignés de la parité. En Papouasie–Nouvelle-Guinée, par exemple, seules trois femmes siégeaient au début de l’année 2026 parmi les 118 membres du Parlement national.
Dans ce contexte, la présence de la Nouvelle-Calédonie à Wellington permet de valoriser son expérience institutionnelle tout en maintenant un dialogue avec ses voisins. Pour Laura Vendegou, ces échanges doivent désormais contribuer à renforcer les réseaux de femmes parlementaires et à faire émerger des réponses communes face aux difficultés rencontrées dans la région.

