La trajectoire d’Api La Savate, figure des réseaux sociaux connue sous son identité civile Apitone Tokotuu, vient de connaître un coup d’arrêt brutal. Les autorités du Vanuatu lui ont notifié une demande officielle de départ volontaire, assortie d’une pénalité administrative. Une décision lourde de sens, dans un dossier où s’entremêlent soupçons de système pyramidal, surveillance régionale et inquiétudes croissantes des autorités financières du Pacifique.
Il lui a été recommandé de quitter le pays de manière pacifique afin d’éviter une mesure d’expulsion
indiquent les services de l’immigration.
Une notification officielle et un séjour sous surveillance
Né le 26 avril 1979 et détenteur d’un passeport français délivré à Wallis-et-Futuna, Apitone Tokotuu a reçu une notification formelle lui demandant de quitter le territoire vanuatais. Les services de l’immigration lui reprochent un non-respect des conditions de son visa touristique, valable pour un séjour maximal de 120 jours.
Les registres officiels indiquent une première entrée en octobre 2025, suivie d’un nouveau séjour récent.
Les autorités surveillaient ses activités depuis plusieurs semaines
confie une source proche de l’unité de renseignement, citée par le Vanuatu Daily Post. Cette surveillance aurait déjà donné lieu à des échanges d’informations avec d’autres pays de la région.
Un système présenté comme florissant, mais déjà contesté
Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, Apitone Tokotuu reconnaît que le système Api La Savate aurait débuté en juillet 2025. Il affirme s’être installé au Vanuatu pour des raisons familiales, évoquant des proches à Port-Vila.
Plus les gens critiquent, plus d’autres entreront dans le business
déclare-t-il, ajoutant
Dieu est plus fort que Satan
Pourtant, derrière ce discours mystique et conquérant, les signaux d’alerte se multiplient. Des contributeurs affirment que le système a déjà opéré en Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie, où les autorités locales auraient essayer de mettre un terme à certaines activités.
Les systèmes pyramidaux finissent inévitablement par s’effondrer
rappelle une source issue d’un organisme de déclaration financière, soulignant que la majorité des participants y perdent leurs mises.
Des intermédiaires, des visas touristiques et des zones d’ombre
Le dossier ne se limite pas à Apitone Tokotuu. Dimanche, à l’aéroport international de Port-Vila, le Vanuatu Daily Post a constaté la présence de Jérôme Marcelin, présenté par certains membres comme « le Boss ». Arrivé lui aussi avec un visa touristique, il aurait cherché à rencontrer des contributeurs à Luganville et à solliciter une audience avec le Premier ministre Jotham Napat, finalement indisponible.
Un expert en cybersécurité, ayant alerté la police, tranche :
Jérôme Marcelin exploite une activité de vente de téléphones mobiles en France, pas AOS Academy
Il précise également que les flux financiers vantés par les promoteurs seraient techniquement impossibles.
Les transferts d’argent vers AOS Academy via Western Union ne sont pas réalisables
confirme l’opérateur de transfert, rappelant que seuls des échanges entre particuliers sont autorisés.
Téléphones saisis et tentatives de régularisation
À son arrivée, plusieurs téléphones portables ont été saisis sur Apitone Tokotuu par les services de contrôle aux frontières. Selon un membre du système, ces appareils étaient destinés à être offerts à des contributeurs locaux. Une version accueillie avec prudence par les autorités.
En parallèle, des témoins rapportent avoir vu des membres du réseau accompagnés d’un avocat local.
Certains tentent de régulariser le système, d’autres évoquent un départ imminent
confie une source interne. Apitone Tokotuu devrait ainsi quitter le Vanuatu dans les prochains jours, officiellement pour assister à un événement familial à Wallis.
L’affaire Api La Savate dépasse le simple cas individuel. Elle illustre la vulnérabilité persistante des populations face aux montages financiers opaques, amplifiés par les réseaux sociaux et la circulation régionale. En sommant Apitone Tokotuu de quitter le territoire, le Vanuatu envoie un signal clair : le Pacifique ne sera pas une zone grise pour les systèmes non déclarés. Reste désormais à mesurer l’ampleur réelle des dégâts et à prévenir, ailleurs, la reproduction de ces schémas à haut risque.


















