Îles Kouriles : la Russie mène des tirs de missiles près des territoires revendiqués par le Japon

Résumé IA
La Russie a mené le 20 août des tirs de missiles antinavires près des îles Kouriles, avec des tirs effectués par la Flotte du Pacifique. Ces exercices surviennent une semaine après la visite de Vladimir Poutine sur l'île d'Iturup, au cœur d'un contentieux territorial avec le Japon.
La Russie a organisé de nouveaux exercices militaires près des îles Kouriles méridionales, au cœur d'un vieux contentieux territorial avec le Japon. Des missiles antinavires ont été tirés contre des cibles situées à plus de 300 kilomètres, une semaine après la visite très controversée de Vladimir Poutine sur l'île d'Iturup.
Des missiles Vulkan, Granit et Oniks tirés dans le Pacifique
La Flotte russe du Pacifique a mené jeudi 20 août une série de tirs contre un groupe de navires simulant une force ennemie au large des Kouriles. Plusieurs composantes des forces russes ont participé aux manœuvres, avec notamment le croiseur lance-missiles Varyag, le sous-marin nucléaire Omsk, des bâtiments de surface, l'aviation navale et une unité de défense côtière.
Le Varyag, navire amiral de la Flotte russe du Pacifique, a effectué le lancement de deux missiles antinavires Vulkan.
Le sous-marin nucléaire Omsk a de son côté procédé à un tir en salve de missiles de croisière Granit, tandis qu'une batterie du système côtier Bastion a lancé un missile antinavire Oniks depuis une île de l'archipel.
Les cibles étaient positionnées à plus de 300 kilomètres des zones de lancement.
Selon la Flotte russe du Pacifique, l'ensemble des objectifs aurait été atteint. Cette affirmation repose toutefois sur les données communiquées par les autorités militaires russes et n'a pas été vérifiée indépendamment.
L'aviation russe mobilisée pour désigner les cibles
L'aviation navale de la Flotte du Pacifique a également participé à l'exercice en fournissant les informations nécessaires à la désignation des cibles au poste de commandement. Les autorités russes indiquent que la zone concernée par les tirs avait été préalablement interdite à la navigation civile et au trafic aérien.
Moscou présente ces manœuvres comme faisant partie de son programme régulier d'entraînement au combat.
Leur calendrier attire néanmoins l'attention en raison du regain de tensions entre la Russie et le Japon autour des Kouriles.
Une semaine après la visite de Vladimir Poutine à Iturup
Les tirs interviennent exactement une semaine après la visite de Vladimir Poutine sur l'île d'Iturup, le 13 août. Cette île, appelée Etorofu par le Japon, fait partie des quatre territoires situés au sud de l'archipel que Tokyo revendique sous l'appellation de « Territoires du Nord ».
La visite du président russe avait provoqué une forte réaction du gouvernement japonais. Tokyo considère ces quatre îles comme faisant historiquement partie de son territoire et a officiellement protesté auprès de Moscou. La Russie rejette cette revendication et administre aujourd'hui les îles au sein de la région russe de Sakhaline.
Le 18 août, Moscou avait à son tour convoqué l'ambassadeur japonais après les déclarations des autorités de Tokyo concernant la souveraineté sur l'archipel.
Un contentieux hérité de la Seconde Guerre mondiale
Le différend territorial remonte à 1945, lorsque l'Union soviétique a pris le contrôle des îles à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le Japon revendique toujours les quatre îles les plus méridionales : Iturup/Etorofu, Kunashir/Kunashiri, Shikotan et le groupe des Habomai.
Ce litige constitue depuis plus de 80 ans l'un des principaux obstacles à la normalisation complète des relations entre Moscou et Tokyo.
La Russie et le Japon n'ont notamment jamais conclu de traité de paix définitif mettant formellement fin à leur différend hérité de la Seconde Guerre mondiale.
Les relations entre les deux pays se sont encore dégradées depuis 2022, Tokyo ayant rejoint les sanctions occidentales prises contre Moscou après l'invasion russe de l'Ukraine.
Dans ce contexte, les nouveaux tirs de missiles russes près des Kouriles prennent une portée politique particulière, même si Moscou affirme qu'ils étaient programmés dans le cadre de l'entraînement habituel de ses forces.

