Le Portugal interdit à son tour le port du voile intégral dans l’espace public

Résumé IA
Le président portugais Antonio José Seguro a promulgué le 18 août la loi interdisant le voile intégral dans l'espace public, surnommée « loi des burqas », malgré l'opposition de la gauche et des ONG. Amnesty International, par la voix de João Godinho Martins, dénonce une mesure discriminatoire ; les infractions sont sanctionnées de 150 à 3 000 euros, avec des exceptions médicales, professionnelles ou artistiques.
Une loi interdisant le port du voile intégral, dissimulant le visage, a été promulguée par le président Antonio José Seguro, malgré une vive contestation de la part des ONG et de la gauche.
Marianne Lecach 19/08/2026

Le port du voile intégral est désormais interdit au Portugal. SIPA / © Jorge Castellanos / SOPA
Le Portugal vient d’interdire le port du voile intégral dans les lieux publics. Le texte, porté notamment par la droite conservatrice, a été adopté au Parlement en juillet avant d’être officiellement promulgué ce mardi 18 août par le président portugais Antonio José Seguro, rapporte Le Parisien. Dans un communiqué, le chef de l’État a défendu cette mesure en estimant que le visage constitue « un élément central de l’identité et de la communication humaines » et ne peut ainsi être masqué.
Si la loi ne vise pas explicitement une religion, elle concerne directement les femmes musulmanes portant la burqa. Les médias portugais ont d’ailleurs rapidement surnommé le texte « la loi des burqas ».
À lire aussiPortugal : le gouvernement s’allie à la droite anti-immigration pour durcir la naturalisation des étrangers
La nouvelle réglementation interdit également le fait de contraindre quelqu’un à se couvrir le visage pour des raisons liées notamment au sexe, à la religion, à l’âge ou à l’origine. Le texte a recueilli en juillet le soutien de la majorité gouvernementale de droite et de droite dure. Les formations de gauche s’y sont vivement opposées.
Amnesty International dénonce une mesure « discriminatoire »
L’adoption du texte a suscité de fortes critiques de la part d’organisations de défense des droits humains. João Godinho Martins, directeur d’Amnesty International Portugal, a notamment dénoncé un dispositif « discriminatoire » susceptible, selon lui, de porter atteinte aux libertés fondamentales.
À lire aussiPrésidentielle au Portugal : percée spectaculaire de la droite anti-immigration
Les références explicites à l’islam qui figuraient dans certaines versions initiales du projet ont finalement disparu. Pour Amnesty, cette modification ne suffit toutefois pas à écarter le risque de discrimination envers les femmes musulmanes ayant choisi de porter un voile couvrant leur visage. « Les femmes qui choisissent de porter un voile intégral risquent d’être davantage exclues de la vie publique », regrette l'ONG.
Les défenseurs des droits humains s’inquiètent par ailleurs des conséquences du texte sur le droit à la liberté de réunion pacifique. La possibilité de dissimuler son visage lors d’une manifestation peut, dans certaines circonstances, permettre à des manifestants de protéger leur identité, assure Amnesty.
Le non-respect de cette interdiction pourra entraîner des sanctions financières allant de 150 à 3 000 euros. Des exceptions sont cependant prévues : la dissimulation du visage reste autorisée lorsqu’elle répond à des impératifs médicaux, professionnels, artistiques ou liés aux conditions météorologiques. Des dérogations s’appliquent également dans certains lieux, notamment les édifices religieux, les représentations diplomatiques et les avions.
