En déplacement en Nouvelle-Calédonie avec une délégation de députés, Jean Terlier n’a pas esquivé les sujets qui fâchent. Justice saturée, sécurité fragilisée, parole de l’État scrutée de près : l’élu du Tarn, membre de la commission des Lois et fin connaisseur des dossiers régaliens, dresse un constat sans détour après sa visite du centre pénitentiaire du Camp-Est et ses échanges avec les forces de l’ordre. Une parole directe, loin de la langue de bois, qui engage clairement l’État.
Le Camp-Est, quand les murs parlent plus fort que les statistiques
Les chiffres sont connus, mais la réalité du terrain frappe autrement.
C’est plus de 140 % d’occupation au centre pénitentiaire de Nouméa.
Matelas au sol, cellules surchargées, établissement vétuste malgré des rénovations post-émeutes : la situation est désormais structurelle. Et surtout, aggravée par l’insularité.
Ici, on ne peut pas transférer des détenus dans l’établissement voisin, comme en métropole. Cette contrainte rend la surpopulation encore plus critique.
Nouvelle prison : une promesse d’État qui engage la République
Pour le député, la question n’est plus de savoir s’il faut construire, mais quand et comment. Le projet d’un nouveau centre pénitentiaire à Nouméa figure dans le plan national de création de places de prison porté par la loi de programmation justice.
Quand un garde des Sceaux annonce un nouvel établissement, la parole de l’État a une valeur. Et ici, elle est attendue.
Selon lui, les besoins dépassent désormais les capacités actuelles, avec un objectif clairement affiché : un établissement dimensionné à plus de 500 places pour répondre durablement à la réalité calédonienne.
Gérer l’urgence sans renoncer au long terme
Construire une prison de grande capacité prend du temps — parfois près de dix ans. Face à l’urgence, des solutions intermédiaires sont sur la table.
Des centres pénitentiaires modulaires peuvent permettre, en deux ou trois ans, de desserrer l’étau.
L’idée est simple : soulager immédiatement le Camp-Est, améliorer les conditions de détention et de travail des surveillants, sans renoncer au projet structurant d’un établissement moderne, pérenne et adapté au territoire.
Sécurité : maintenir la présence de l’État, sans ambiguïté
Justice et sécurité avancent de pair. Marqué par les échanges avec les gendarmes et les habitants, Jean Terlier se veut catégorique.
Après les émeutes de mai 2024, les Calédoniens ont besoin de voir que l’État est toujours là.
Le maintien des 15 escadrons de gendarmerie n’est pas un affichage politique mais une nécessité opérationnelle et symbolique, dans un territoire encore marqué par les violences et les tensions.
Un message politique et humain aux Calédoniens
Au-delà des chiffres et des lois, le député souhaite adresser un message clair aux habitants.
Nous continuerons à voter les budgets nécessaires pour que l’État assure pleinement ses missions régaliennes ici.
Justice, sécurité, stabilité : pour Jean Terlier, ces mots ne peuvent rester des promesses. En Nouvelle-Calédonie, ils se mesurent à une chose simple mais essentielle : la capacité de l’État à tenir sa parole.


















