Sur Océane FM, le “Coup de gueule” a mis le doigt là où ça fait mal : la crainte d’un retour des violences, la mémoire des familles endeuillées, et une question brutale qui assume, si l’on renvoie encore des jeunes face aux forces de l’ordre ? Derrière les mots parfois durs, un fil rouge se dégage : l’idée qu’en 2024, la Nouvelle-Calédonie a payé trop cher pour que 2026 reparte sur les mêmes rails.
“Ça va recommencer” : la peur d’un bis repetita
Un auditeur ouvre un angle frontal : l’idée qu’“apparemment” on parlerait d’un possible retour des émeutes. Il ne développe pas une rumeur : il exprime un réflexe collectif, celui d’une population qui a vu le territoire basculer et qui redoute la rechute.
Apparemment le FLNKS… parle de que ça va recommencer les émeutes ; J’ai entendu ça ce matin à la radio
Le propos est clair, la peur est posée. Dans le même souffle, l’auditeur met en cause la logique d’escalade :
ils veulent remettre des jeunes encore bousillés ; aller jeter des cailloux sur les gendarmes, c’est pas terrible
Deux phrases, un constat : pour certains, le scénario “reprise” se traduit tout de suite par jeunesse sacrifiée. Pour mémoire, les violences ont commencé le 13 mai 2024 et ont provoqué un lourd bilan humain, régulièrement rappelé avec treize morts, dont deux gendarmes.
Pardon et victimes : l’exigence morale avant le politique
Le deuxième axe est moins politique que moral : avant de parler stratégie, certains demandent un geste envers les victimes. Les auditeurs réclament au FLNKS, au UC et notamment à Tein une parole :
Je voudrais d’abord lui demander : il a demandé pardon aux familles… des jeunes qui sont décédés pendant les émeutes ? ; J’espère qu’il a dit pardon.
Sans excuses et sans reconnaissance, la discussion sur “l’après” sonne creux. Un an après, les traces matérielles et sociales des émeutes restent massives, avec des milliers de sinistres déclarés et des coûts chiffrés à plusieurs centaines de milliards de francs cfp au niveau assurantiel.
Autrement dit : les victimes ne sont pas qu’un mot. Ce sont des familles, des quartiers, des emplois, des commerces, des trajectoires cassées.
“Bousiller la vie des jeunes” : quand le clash devient un piège
C’est le cœur du coup de gueule : ne plus envoyer la jeunesse au front. Le vocabulaire est cru, mais le message est lisible : certains refusent que l’engagement politique se traduise par des affrontements de rue.
éviter de laisser nos enfants rembourser un prêt… de plusieurs milliards ; c’est très important pour… préserver nos futures générations
Ici, la “jeunesse” n’est plus seulement celle des émeutes : c’est aussi celle qui héritera des dettes et des ruines. La Chambre territoriale des comptes évoque un impact majeur des émeutes sur les finances publiques locales en 2024.
Ce “Coup de gueule” ne demande pas une victoire de camp. Il exige un minimum de vérité, une parole pour les familles, et une ligne rouge : ne plus sacrifier la jeunesse dans des logiques de rue. Si l’on veut éviter le mot “recommencer”, il faudra, tôt ou tard, sortir du réflexe d’escalade et remettre la responsabilité au centre, pas l’adrénaline.


















